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Le matin a coulé lentement après la nuit agitée.
Sunhwa se réveille au bruit strident de l'aspirateur.
- Adjimma s'il-te-plaît, arrêtes !
- Bonjour Mademoiselle, comment ça va ? As-tu bien dormi ?
- Merci Adjimma, non. La nuit dure plus longtemps que le jour.
Apportes moi s'il-te-plaît un yogollotou.
- Oui Mademoiselle. Je te prépare un déjeuner avec ?
- Oui, merci, je commence à avoir très faim. Apportes moi du kimchi que mère m'a envoyé hier.
Comme chaque mois Sunhwa reçoit un colis de nourriture préparé par sa mère qui n'a pas pu la suivre dans son nouvel appartement. Son père à la santé fragile ne lui permet pas de s'absenter plus d'une heure de la maison.

Sunhwa, le vent d'automne souffle et l'herbe fouette doucement ton visage endormi, réveilles-toi...
Murmura bély qui pour se faire venait de se matérialiser.
L'aura de Sunhwa ondulait au rythme des tiges éthérées. Ses songes avaient dû s'imprégner par la douce supplique de l'adolescent onirique.

Ainsi, les règles de l'imanence perdurent-elles maintenant et toujours, songea l'ex archimaître en contemplant la scène de son nodule neutrosynchronisé. Jenous devraions pourtant veiller à circonscrire tout cela pour éviter toute contamination préjudiciable à l'altération des enchaînements projetéssur le sphérule mnémospaciale.

Plongeant dans les profondeurs de la méditation akismeth, le spectre autonomiste commença alors à dérouler ses tentaprises phéromotiques sur la trame pourtant déjà sécurisée des évènements.

Bély palpa une vague présence pendant qu'il veillait sur le sommeil de la Superstar de girls' band coréenne. Une émanation identitaire émergea de ses souvenirs: celle de cet archimaître Babooshka Tolstoï, un fantôme de l'avenir. Il devait "être là" à la croisée des univers.

L'ex AMe Tolstoï continua à raffermir ses positions amniopsychiques. Il n'était, pour l'instant, pas question de violer l'intérieur de la jeune coréenne, pour en retirer tous les germes de consubstance. Il avait tout son temps, Bély finirait par baisser sa garde et les marqueurs psychormotiques qu'il déposait maintenant faciliteraient le crime pour lequel il avait été déjà condamné à l'errance perpétuelle et solitaire. Il jeta un dernier coup d'oeil à son oeuvre, et jouit de son charme à l'esthétique certain, mais dont lui seul pouvait retirer quelque plaisir, dans l'espace infini mais restreint dans lequel il avait été jeté. Cette solitude ne l'avait pas troublé ; seul, il l'avait toujours été. Satisfait, il se retira définitivement de la trame qu'il avait verrouillée et laissa au couple la marge de liberté incontournable, impartie par l'Immanence Transcendentale.

Les bulles du temps s'étaient toutes dissipées et Sunhwa paraissait s'enfoncer dans une bien curieuse léthargie.
Il fallait la mettre à l'abri.
L'éphèbe des songes posa sa main sur l'épaule de la jeune femme et décida de la téléporter chez elle en son luxueux appartement de Séoul.
Il médita longuement sur cet état d'endormissement profond tout en laissant planer son regard le long du fleuve Han.

Hagard et fatigué, Anje se demandait à quoi pouvait bien rimer tout ça. Etait-il vraiment à sa place ici ?

Il s'assit sur un banc, faiblement éclairé par un réverbère, et attendit la suite.

Il en tira des conclusions et une nette suspicion qu'il garda dans un coin de son cortex.
Lorsqu'il aperçut son reflet dans la vitre au sein des éclats orangés, la nuit avait pris position depuis un bon moment.
Après avoir effectué un check du pouls de la belle endormie, il sorti du logement en tant que simple bipède, laissant ses sandales s'appuyer sur la matière baryonique de ce sol là. Les âmes des personnes dans la rue étaient autant d'étincelles flashantes qui venaient percuter sa conscience. Sa télépathie devenait difficilement supportable dans un lieu aussi urbanisé.
Néanmoins, il distingua, parmi le feu d'artifice de toutes ces essences, une aura cendrée apparemment perdue et sans lien avec cette réalité.
Bély pénétra dans le cône de lumière d'un lampadaire, s'approchant du banc sur laquelle était assise l'entité particulière. Captant l'émanation identitaire, il lança:
- Bonsoir Anje!

- Salut Bély. Qu'est-ce que tu fous là ? Encore en train de sonder les âmes des pauvres mortels. Vraiment, je n'aimerais pas être à ta place. Connaitre les pensées des autres ne peut qu'apporter déception et solitude. Moi je préfère ne pas savoir et découvrir mon prochain au rythme du temps.

Mais c'est bien que tu sois venu. Ecoute, il se passe quelque chose dans les remous de la nuit !

- Et bien selon votre façon de voir les choses : je me dégourdis les jambes et en ce qui concerne la communion que j'ai avec les autres formes de vie, c'est une habitude à prendre. D'ailleurs, je t'ai repéré grâce à ça. Quant à ce qui m'amène ici, là on en vient à cette célèbre chanteuse coréenne que tu dois certainement connaître Sunhwa. J'étais venu lui rendre visite et l'ai trouvé plongée dans un étrange coma; dans cette idée je te rejoins dans ta perception des remous de la nuit, en effet : il se passe quelque chose d'inhabituel! Je soupçonne un être rarissime d'en être la cause. D'après mes souvenirs, il se nommerait Babooshka Tolstoï...

Son corps à moitié endormi se laissait porter par une silhouette à forme humaine.
Sunhwa allait d'une pièce exigüe à l'autre laissant ses pieds agir à leur guise et suivre le chemin qu'on leur indiquait. Entre chaque transport l'esprit de Sunhwa cherchait toujours le moyen de se réveiller, d'accrocher au grain de la texture du mur, de fondre dans le mur que personne ne la voit, qu'elle reste un moment suffisamment long sans bouger afin de refaire surface. A la fin on fit descendre Sunhwa par un escalier hélicoïdal métallique et elle finit par se détacher de ses tortionnaires. Elle se trouva dehors au milieu d'une foule d'hommes et de femmes attendant que quelque chose paraisse. Il y avait des journalistes laissant à penser qu'un évènement rare allait se passer.
Sunhwa dont le corps se mouvait maintenant librement ouvrait les yeux sur ce qui s'offrait à elle. Tous ces visages beaux souriants, sous les effets d'une explosion extraordinaire, se transformaient. Des projectiles s'incrustaient dans l'un, dans l'autre des saignements naissaient de blessures soudaines. Tout ce monde pris de panique, grouillait un peu dans tous les sens. Il courait un éclair de lucidité qui poussait les gens à fuir. Sunhwa aussi se résolut à fuir.
Elle cherchait un véhicule. Je courais aussi pour la suivre. Elle tenta en vain d’agripper une voiture avant de trouver une carriole venue d'un autre âge avec à son bord une femme habillée comme au temps de la ruée vers l'or, dans le far west américain. Sunhwa pris les rennes de l'embarcation et partit plus loin jusqu'à la galerie de tableaux qui lui est si familière.
En effet Sunhwa venait fermer sa galerie et avant cela vider le coffre-fort de son argent.
La guerre était là inéluctable. Il fallait fuir, faire une croix sur le passé, partir au loin dans l'inconnu.
Mais son projet de départ allait rencontrer un obstacle. Sunhwa faisait partie de cette révolution. Son esprit ne lui avait pas encore dévoilé cette part de son histoire. Elle ne pouvait partir.
Elle comprit cela quand une femme insistant pour entrer dans la galerie, reconnut dans ses peintures le caractère horrible de la guerre. Ce style de trait, cet effroi dans les yeux des personnages peints, cela prouvait que Sunhwa faisait partie de ces réactionnaires qui s'étaient fait connaître par le biais de tracts anonymes de propagande, avec textes et images à l'appui.
Face à ce regard extérieur, Sunhwa réalisa que sa peinture n'était pas pour elle un corps étranger, elle était son âme autant que son corps recomposé. La violence des scènes peintes était toujours voilée d'une beauté délétère, d'un bonheur abstrait et naïf qui charmait autant les femmes, les enfants et les aïeuls.
Une toile particulièrement montrait ce dilemme de violence et d'innocence. Pour s'en apercevoir il fallait mettre côte à côte cette toile et cette image tirée d'un des tracts que l'on trouvait maintenant disséminés partout.
Oui cette image comme le négatif de la toile peinte dépassait tous les tabous imaginables et son réalisme suscitait fascination et dégoût autour du viol d'une enfant nue.

Bély venait d'expirer le dernier souffle d'air de sa tirade qu'une énorme et déstabilisante déflagration se fit violemment ressentir.
Les deux pleines lunes des yeux de Anje accentuèrent la stupeur ambiante. Des fumées anthracite s'élevaient déjà vers le nord, provenant du mont bugaksan et probablement de la maison bleue pensa-t-il.
Un flot d'individus se propagea en tous sens, affluant de toutes les rues, pressentant les nouvelles détonations qui ne tardèrent pas à se faire entendre.
Sunhwa!
Il fallait la rejoindre!
L'adolescent appliqua sa paume sur l'épaule de son comparse afin de le téléporter dans l'appartement qu'il venait de quitter.
A leur arrivée, ils ne purent témoigner que de l’absence. La porte d'entrée restait néanmoins ouverte fournissant un indice.

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Cool sister tu l'avais!!!
Kiss-kiss!

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